Zeiss Apia 65 : la longue-vue idéale pour sélectionner les brocards ?

Rédacteur en chef, SoChasse

Marque

Zeiss

Produit

Apia 65

Note de la rédaction

★★★★

Découvrez nos contributeurs sur cet évènement

Dans le sac à dos de Julien Gingembre, entre les accessoires de chasse et les affaires de ses filles qui l’accompagnent parfois au mirador, chaque gramme compte. C’est dans ce contexte bien réel qu’il a testé la nouvelle Zeiss Conquest Apia 65. Après plusieurs semaines d’utilisation consacrées principalement à l’observation et à la sélection des brocards, il revient pour So Chasse sur les qualités et les limites de cette longue-vue compacte qui pourrait séduire de nombreux chasseurs.

 SC : Julien, peux-tu nous expliquer à quoi te sert principalement une longue-vue sur ton territoire de chasse ?

JG : Je suis devenu un véritable passionné de la chasse du brocard. Ce n’était pourtant pas le cas au départ. Depuis que nous avons repris notre territoire il y a une quinzaine d’années, je me suis pris au jeu de la gestion qualitative des animaux. Pour moi, notamment en plaine où je chasse beaucoup, il est impossible de prélever un brocard sans l’avoir observé et jugé auparavant. J’utilise des jumelles 10×42 qui permettent déjà de bien identifier un animal, mais lorsqu’il s’agit d’analyser les détails d’un trophée, la longue-vue devient indispensable. Avec un grossissement de 20 à 50 fois, la Zeiss Apia 65 permet de juger précisément un brocard à 250 ou 300 mètres. En dessous de 150 mètres, c’est tout simplement royal. On distingue des détails impossibles à voir aux jumelles. Le brocard que j’ai prélevé récemment présentait une petite excroissance entre les deux pivots. Je l’avais clairement observée à la longue-vue alors que je ne l’aurais jamais remarquée avec mes jumelles. Je tiens également un carnet de suivi où je note les observations réalisées sur certains brocards que je connais parfois depuis plusieurs années. Sans longue-vue, ce travail serait beaucoup plus compliqué, voire impossible.

SC : Utilises-tu la longue-vue pour d’autres observations ?

JG : Principalement pour le chevreuil. Je ne pratique pas l’ornithologie et je fais très peu de digiscopie. Mais comme tout passionné de nature, je profite aussi des belles rencontres. J’ai par exemple eu l’occasion d’observer une cigogne noire posée dans un champ. Avec une longue-vue, on en prend vraiment plein les yeux. Aujourd’hui, je ne vais ni à l’affût ni à l’approche sans une longue-vue dans mon sac à dos.

SC : Avais-tu déjà utilisé des longues-vues Zeiss avant ce test ?

JG : Non. J’ai longtemps utilisé des modèles d’une marque autrichienne puis des longues-vues américaines réputées pour leur compacité. Cette Apia 65 est ma première expérience chez Zeiss.

SC : Après plusieurs semaines d’utilisation, quel est ton premier ressenti sur cette Apia 65 ?

JG : Elle correspond parfaitement à mes besoins. Comme beaucoup ont pu le voir dans mes vidéos, je vais souvent au mirador avec mes filles. Dans mon sac à dos, il n’y a pas que du matériel de chasse : il y a aussi des livres, des bonbons, des bouteilles d’eau, des jouets… Bref, je transporte déjà beaucoup de choses. Avec seulement 1,35 kg sur la balance et une longueur de 299 mm, cette longue-vue est incroyablement compacte. C’est presque une miniature comparée à certaines longues-vues que j’ai connues auparavant. Et pourtant, elle conserve des caractéristiques optiques de haut niveau. Mon premier ressenti a été simple : enfin une longue-vue qui trouve facilement sa place dans mon sac à dos sans m’obliger à partir avec un équipement de montagnard.

SC : Que penses-tu de la qualité optique ?

JG : C’est exactement ce que l’on attend d’une optique Zeiss. L’image est superbe. La qualité est même supérieure à ce que j’utilise habituellement. La longue-vue bénéficie d’une optique HD avec verre ED, d’un traitement ZEISS T* offrant une transmission lumineuse annoncée à 87 % et d’un système FieldFlattener qui assure une excellente netteté jusqu’aux bords de l’image. Personnellement, je l’utilise surtout entre 20x et 40x. Je monte rarement à 50x, mais c’est davantage une question de stabilité que de qualité optique. Je n’utilise pas de trépied. Je la cale généralement sur mon sac à dos, un rebord de mirador ou ma canne de tir. Même dans ces conditions, l’image reste remarquable.

SC : Le confort d’utilisation est-il au rendez-vous ?

JG : Oui, clairement. L’oculaire coudé apporte un vrai confort. J’avais jusqu’ici l’habitude des oculaires droits. Sur l’Apia 65, tout tombe naturellement sous la main. Une main gère la molette de mise au point tandis que l’autre contrôle le zoom. Zeiss a également ajouté un levier sur la bague de grossissement qui facilite énormément les manipulations rapides. À l’approche ou au mirador, où chaque seconde compte, cette ergonomie fait réellement la différence.

SC : Le zoom de 20 à 50 fois est-il suffisant pour un usage chasse ?

JG : Pour mon utilisation, largement. Je ne chasse pas en montagne, mais je pense immédiatement aux chasseurs de chamois ou de mouflons. Le grossissement 20x permet de repérer rapidement un animal grâce à un champ de vision confortable, puis le 50x permet de détailler le trophée. Sur mes brocards, j’arrive parfaitement à distinguer si un animal mérite une approche plus poussée ou non. Et pour un montagnard, le poids de 1,35 kg représente un énorme avantage. Chaque gramme économisé dans le sac à dos compte.

JG: As-tu eu l’occasion d’observer beaucoup d’animaux avec?

JG : Oui. Depuis que je l’utilise, j’ai observé beaucoup de chevreuils ainsi que plusieurs compagnies de sangliers. J’ai notamment repéré un vieux brocard que je connaissais déjà. Avec l’âge, il avait développé une petite excroissance osseuse entre les pivots. À environ 90 mètres, calé sur mon mirador et en grossissement élevé, ce détail m’a immédiatement sauté aux yeux. C’est exactement le genre d’information qu’on apprécie connaître avant le tir plutôt qu’après.

SC : Jusqu’à quelle distance arrives-tu à juger correctement un brocard ?

JG : Je ne l’ai jamais utilisée au-delà de 400 mètres. Mais à cette distance, j’ai déjà pu détailler sans difficulté plusieurs jeunes brocards. Quant au vieux brocard à la tête atypique, je l’ai observé entre 280 et 300 mètres alors qu’il était dans les hautes herbes. Seule sa tête dépassait et pourtant je distinguais parfaitement l’ensemble du trophée. C’est vraiment impressionnant.

SC : Comment se comporte l’Apia 65 lors des dernières minutes légales de chasse ?

JG : Comme toutes les longues-vues compactes, ce n’est pas son terrain de prédilection. Même avec une transmission lumineuse de 87 % et une excellente qualité optique, un objectif de 65 mm reste plus limité qu’un objectif de 80 ou 85 mm lorsque la lumière devient très faible. Cela dit, cela reste parfaitement exploitable. En restant sur le grossissement 20x, on continue à observer correctement. Mais il faut être honnête : dans ces conditions extrêmes, de bonnes jumelles 8×56 ou 10×50 restent plus lumineuses.

SC : Face à une longue-vue de 80 ou 85 mm, regrettes-tu parfois un objectif plus petit ?

JG : Non. Je préfère largement une longue-vue un peu moins performante à l’aube ou au crépuscule mais que j’emporte systématiquement avec moi, plutôt qu’un gros modèle plus lumineux qui reste au fond du coffre ou dans la cave parce qu’il est trop encombrant. Pour moi, le choix est vite fait.

SC : Recommanderais-tu cette Apia 65 à d’autres chasseurs ?

JG : Dix fois oui. Quand je conseille à mes amis chasseurs d’investir dans une longue-vue pour mieux juger les brocards, la première objection concerne toujours le poids et l’encombrement. Avec cette Apia 65, ils n’ont plus d’excuse. Elle trouve sa place dans n’importe quel sac à dos de chasse. Pour tous ceux qui souhaitent pratiquer une chasse raisonnée et savoir exactement ce qu’ils prélèvent avant d’appuyer sur la détente, c’est un outil formidable. Je pense aussi aux chasseurs de montagne. Gagner près d’un kilo dans le sac à dos représente un avantage considérable.

SC : Quels sont selon toi ses principaux points forts et son principal défaut ?

JG : Les points forts sont évidents : sa compacité, sa légèreté, sa qualité optique, son ergonomie et sa rapidité de mise en œuvre. C’est une longue-vue qui se transporte facilement, qui s’utilise rapidement et qui offre une qualité d’image vraiment remarquable pour son gabarit. Concernant le point négatif, il n’y en a finalement qu’un seul : le cache objectif. Je ne comprends pas pourquoi il n’est pas relié à la longue-vue. Je suis persuadé que beaucoup d’utilisateurs finiront par le perdre. J’ai également vu que Zeiss propose une housse de protection dédiée. Je ne l’ai pas testée, mais elle semble très bien conçue. À mon avis, ce serait une excellente idée de la proposer directement en pack avec la longue-vue. Cela protégerait efficacement l’optique dans le sac à dos et permettrait aux utilisateurs de se passer de ce cache objectif que je trouve assez mal pensé.

SC : Le mot de la fin ?

JG : Si je n’avais pas à la rendre après ce test, elle ne quitterait tout simplement plus mon sac à dos. C’est probablement le plus beau compliment que je puisse lui faire. Pour moi, c’est une longue-vue qui répond parfaitement aux besoins des chasseurs qui veulent observer, juger et se déplacer léger. Franchement, je la recommande sans hésiter. 

Rédacteur en chef, SoChasse

Depuis la proposition de loi du sénateur Patrick Chaize visant à « améliorer la sécurité à la chasse », le...

Découvrez nos autres tests

Retour en haut